CAVALIERS
Création sans studio de répétition…
2010, cinq années d’activité, cinq créations chorégraphiques pour scène théâtrale traditionnelle. Tout au long de ces projets, notre groupe d’artistes n’a cessé de réfléchir à la place du public, la manière de se situer par rapport à lui, la façon dont on entre – ou non – en contact avec lui. L’envie est bien présente de synthétiser ces réflexions sur la place du spectateur, créer une pièce sans studio de répétition, ne plus s'enfermer ni faire des portes ouvertes mais travailler sans portes, sortir des chemins et sentiers habituels de création afin de rencontrer " le monde". Le travail de recherche, d’expérimentation, de répétition habituellement effectué avec les danseurs dans des studios, à l’abri du regard des spectateurs, sera proposé « à vue », faisant partie intégrante de ce que le Collectif donne à voir à son public. Celui-ci sera pris au dépourvu dans les lieux qu’il fréquente habituellement. Le processus créatif est ainsi à la fois un but et une étape. Les hommes essaient de contrôler les femmes, et les femmes essaient de contrôler les hommes : chacun essaie de contrôler l’autre et chacun dépend de l’autre, dans le bal – où l’homme est traditionnellement le cavalier qui mène la danse - comme dans la vie. Ce rapport de forces, cette lutte pour le pouvoir du traditionnel rôle social dominant ou dominé, prend une dimension étonnante dans notre société occidentale essentiellement tournée vers la consommation et les images : tout est à montrer, à voir, à dire, à exhiber. Dans l’absolu, la guerre des sexes n’est donc pas prête de s’achever… sauf si on considère que c’est en s’affrontant, en se confrontant, que les hommes et les femmes s’ajustent entre eux, acceptent ou diminuent leur dépendance l’un de l’autre et découvrent ce qui fait la singularité de leur identité : leur liberté. Sur le plateau - Deux garçons et deux filles qui investissent un lieu ouvert ou fermé, public ou privé, un lieu théâtral ou un lieu de passage, autant de géométries variables, autant de combinaisons chorégraphiques possibles. Un et trois, couples mixtes ou non, quatre en groupe ou quatre individualités, la danse casse ici les codes traditionnels du cavalier qui mène la danse. Le pas du cavalier, au trot ou au galop, trace un parcours traversant qui donne une vision nouvelle de l’espace, qui le théâtralise. On se demandera souvent qui mène la danse… Interprètes et création des rôles - Musique - Technique - |